Cette Bête, selon certains, a la tête large et grosse comme celle d’un veau terminée en museau de lévrier, le poil rougeâtre, rayé de noir sur le dos, elle court en bondissant.

Pour d’autres, elle a la taille d’un taureau d’un an et elle se redresse sur ses deux jambes de derrière, "badine " de ses pattes de devant, elle a des yeux de loup " étincelants de feu et de rage ". Des battues furent organisées ; on vit la Bête, mais les balles ne semblaient pas l’atteindre, ni la blesser.

Malgré les récompenses promises, la Bête était encore là en 1767, dévorant les enfants, bergers des troupeaux. Ils étaient bien courageux ces enfants et si par malheur, la Bête surgissait, c’est de leurs bâtons renforcés d’une baïonnette ou d’une lame bien acérée, que les plus audacieux défendaient âprement leurs vies et celles des moins téméraires et des plus jeunes de leurs compagnons.

Le 19 juin 1767, enfin l’animal fût tué par Jean Chastel, et on en fit la description suivante : 32 pouces de haut, 3 pieds 7 pouces de circonférence, 130 livres, 40 dents

La Bête avait fait plus d’une centaine de victimes.