Dans les veillées, dans les fêtes votives, dans les kermesses paroissiales, au dessert des repas de noce, avec son bâton du diable, Bouffanelle faisait un tabac.

Tant, que cela suscita la convoitise de beaucoup.

Certains allèrent dans la forêt, coupèrent de jeunes bouleaux, en fabriquèrent des sarbacanes dans lesquelles ils soufflèrent de tout leurs poumons.

Avaient-ils oublié la bonne formule ? N'avaient-ils pas l'âme assez sorcière ?

Aucun diable n'apparaissait au bout du tube et les apprentis sorciers en étaient pour leur honte.

Cependant, par ce simple bâton creux, la fortune arriva à l’un d’eux : Bouffarel, de la paroisse de Bouffassol.

A la veillée, devant le feu de l’âtre, pour la centième fois, Bouffarel soufflait dans son tuyau. Sans résultat.

Minuit approchait. Le feu s’était éteint peu à peu ; et, parmi les cendres, quelques braises timides clignaient de l’œil avant de s’endormir.

Soufflant toujours, Bouffarel approcha, sans le faire exprès, l’extrémité du tube des braises qui subitement, se réveillèrent. la gentiane, les fleurs de lozere

Le souffle de l’homme, par l’intermédiaire du bâton creux, leur avait rendu la vie. Et, sous les yeux étonnés du faux sorcier, un feu tout neuf se mit à danser dans le foyer.

Bouffarel venait d’inventer l’appareil à rallumer le feu sans se brûler les moustaches.

Né de la sorcière Bouffanelle, mis au point par Bouffarel, on l’appela : le " Bouffadou ".