Le diable y entra. Quand ils eurent fait un peu de chemin, le soldat trouva une forge, demanda :

- Combien êtes-vous de maréchaux? - Je suis tout seul, répondit le maréchal. - Vous n'êtes pas assez pour ce que je veux faire.

Il fit un autre peu de chemin, trouva une autre forge.

- Combien êtes-vous de maréchaux? - Nous sommes dix. - Vous êtes assez pour ce que je veux faire.

Alors déchargeant son sac qu'il portait, il le mit sur l'enclume et y fit taper tous les maréchaux, de sorte que quand ils eurent fini, le diable fut tout aplati; pour se rendre en enfer, il ne pouvait pas marcher.

Quelques jours après, le soldat mourut. II alla heurter à la porte du paradis.

Le bon Dieu dit à saint Pierre d'aller voir qui c'était.

Saint Pierre lui répondit : C'est le soldat de la plaine.

- Dis-lui qu'il aille à l'enfer, qu'il n'a pas été sage.

Le soldat alla heurter à la porte de l'enfer. - Va voir qui est-ce, dit le gros diable. - C'est le soldat de la plaine. - Fermez la porte, dit le diable qui avait été martelé.

Le soldat ne savait pas où aller, quand il se rappela qu'il avait donné un sou au bassin des âmes. Il s'en retourna à la porte du paradis.

Dit à saint Pierre: Si vous ne voulez pas me revoir en paradis, rendez-moi mon sou que j'ai donné au bassin des âmes.

Saint Pierre lui alla chercher un plein paillas de sous. Le soldat tourna un peu les sous. Il dit que le sien n'y était pas. Alors le bon Dieu dit à saint Pierre: Conduis-le au pouyo.

Quand le soldat vit tous ces sous, les tourna un peu, et en prit un : Voilà mon sou.

Il s'y assit dessus et ne voulut pas sortir du paradis disant qu'il était assis sur ça sien.