Les Vellaves ou Vellaviens ou Vélauniens (Vellavi ou Vellavii ou Velauni en latin), dont le nom signifierait « montagnards » ou « ceux qui dominent » selon J. Lacroix (Les Noms d’origine gauloise) et que César qualifie de « batailleurs », font partie de la Confédération des Arvernes (« Velauni qui sub imperio Arvernorum esse consueverant » écrit César).

On trouvait des VELLAUNI ou VELLAUNES (le nom signifierait : « les bons, les meilleurs, les valeureux ») :

   – en Bourgogne, autour de la vallée de la Saône, et dans l'Orléanais (oppidum : Vellaunodunum puis Fano Martis : Montargis) ;
– parmi les Celto-Ligures des Alpes : Briançonnet (06), Saint-Vallier (06) et l’Esteron ;
– en Slovaquie.

Étaient-ils apparentés aux Catuvellauni ou aux Vellaves ?

Comme tous les peuples européens, les Vellaves se sont formés de l’intégration de gens d’origines variées (peuplades préhistoriques peut-être, peuples indo-européens, celtes puis germains…) mais les apports culturels de chacun, sans doute gardant une certaine proportionnalité avec le nombre d’individus intégrés à la population autochtone, n’eurent pas la même ampleur partout.

Avant et pendant l'Antiquité, le terme vellave ou vellaune recouvre un peuple sur une large zone géographique : « Si nous remontons jusqu’à l’époque ligure, les Vellaunes sont alors une des peuplades primitives de la ‘Gaule’ ; ils occupent encore, à l’époque du géographe grec Ptolémée, le territoire limité au nord par le Forez et le Lyonnais, à l’est par l’Helvie, au sud par le Languedoc et la région d’Auch, englobant ainsi les pagi des Cadurques, des Rutènes et des Gabales. À l’ouest, ils se confondent avec les Arvernes… Strabon parle des Vellaunes, qui à l’origine ne formait qu’un seul peuple avec les Arvernes : ‘Velauni, qui olim Arvernis adscibebantur’. Entre le Lyonnais, qui faisait alors partie du peuple ségusiave, et l’Hélvie, qui suivait la fortune des Allobroges, les Vellaunes peuplaient encore la région d’Argental, le Valentinois, le Royans, le Vercors, l’Oisans, la Tarentaise. Une de ces peuplades des Alpes a également gardé le nom de Vellauni. »

L’origine ligure des Vellaunes et leur extension territoriale sont encore attestées par « la persistance des noms ligures dans le pays : ‘la toponymie des noms de lieu, écrit Gimon, tend de plus en plus à prouver que la plupart de nos localités, sources, rivières et montagnes portent des noms à radicaux ligures… .’ » « La région ou les radicaux ligures sont particulièrement abondants s’étend des Alpes-Maritimes et du Var (pays des Vellaunes) jusqu’aux Hautes-Alpes, à la Drôme, au Velay, au Languedoc… » Déchelette et Gimon insiste sur les différences culturelles de ces régions ligures par rapport à celles du reste de la Gaule : « le mode de sépulture n’est pas le même, l’industrie diffère totalement, l’art se rapproche de l’art italien ou sicilien et se différencie nettement de l’art celte. »

Les arverno-vellaunes seraient donc un groupe ligure différencié des sicules (siciliens et apuliens) et des elésyques (Provence et Languedoc), et eux-mêmes « subdivisés en arvernes, vellaves, rutènes, gabales, cadurques, valentinois ». « Si les Arvernes, Ruthènes, Gabales, Cadurques, Vellaves et Séguso-Vellaves, et les Vélaunes alpins firent partie à l’époque ligure du même peuple arverno-vellaunes, il y avait longtemps, lorsque César envahit la Gaule, que chacun de ces peuples formait un pagus bien distinct » quoique liés devant le danger en une « Confédération arverne ».

Après la défaite du roi Bituit, régnant en Arvernie, contre les romains à Tain, la « confédération des Arvernes fut réduite à ses éléments de la rive droite du Rhône et comprit encore les Cadurques, Ruthènes, Gabales, Arvernes et Vellaves ». À l’époque romaine, « la population … était presque entièrement ligure ou gauloise, l’élément romain y étant resté insignifiant ».

« Quant à l’apport barbare (des grandes invasions), francs, burgondes, alamans, on peut le considérer comme à peu près nul en Velay (Grégoire de Tours et Fustel, II, 455) », mais pas totalement :

Après celle du IIIe siècle, les Vandales firent une seconde irruption en Velay en 406, commandés par leur roi Crocus, et « renforcés de Suèves, d’Alains et de Burgondes. Une bande de ces derniers resta, semble-t-il, dans le pays. Elle a laissé son nom à Vergongeon, qui est nommé en 1220 ‘villa de Burgondione’ et que nos paysans appellent encore en patois Bourgoundzu ; elle l’a laissé également à Vergonges, Vergongeac » et à quelques famillestel « Raymond Burgondion, sergent d’armes du Puy en 1373 (Monicat, les grandes compagnies en Velay, p132) ou Jean et Jacques Bourgonhon en 1562 (Terrier de Saint Didier) ».

Puis en 532, les fils de Clovis envahirent l’Auvergne et le Velay. Bien que « l’invasion franque, qui dans le Nord eut une influence plus profonde, n’en eut aucune dans nos régions, ainsi que le constate Jullian, citant Grégoire de Tours et ses contemporains », cependant « ils séjournèrent quelque temps en Velay et en Brivadois » et y laissèrent quelques prénoms francs qui « sont devenus, plus tard, noms de famille (Adalbert, Adalard et surtout Baldo). L’étude de l’origine des noms de lieu vellaves permet même de se demander si les francs saliens, en se fixant sur notre sol, n’amenèrent pas avec eux d’autres barbares. Nous trouvons en effet, près d’Yssingeaux, un bourg d’Amavis, dont le nom nous vient des Chamaves, peuple franc différent des saliens. »

Albert Boudon signale encore une influence basque : En 613, Clotaire II reconstitue le royaume franc de Clovis que se partageaient son père et ses oncles. Puis il cède à l’un de ses fils cadets, Caribert II, l’Aquitaine, vite étendue pour recouvrir le Toulousain, l’Angoumois, le Périgord, le Quercy, le Rouergue, le Gévaudan, l'Auvergne et le Velay. Eudes, petit-fils de Caribert II d’après la charte d'Alaon (un faux du XVIIe siècle) et duc d'Aquitaine selon la branche aînée des mérovingiens mais roi d’Aquitaine pour son peuple, Hunold fils d'Eude, Waïfre fils d’Hunold, ne cessèrent, grâce à la fidélité des populations de leur province, de défendre l’Aquitaine contre la double poussée des Wisigoths puis des Sarrasins au Sud, et au Nord des mérovingiens, bientôt remplacée dans leur désir d’expansion par la nouvelle dynastie régnante, les carolingiens. Est-ce suite à l’alliance des Basques et des Aquitains dans leur combat contre les Wisigoths et les carolingiens ? ou par les conquêtes de leur roi Yon ? ou par simple commerce que des basques s’établirent en Velay ? Toujours est-il qu’ils « laissèrent quelques nom de familles (Bayon à Saint Didier-la-Séauve et Monistrol, Charre à Saint-Clément et Borrée, Charret à Saint Pal en Chalencon) et de plus rares noms de terroir (Garay) (Longnon, II, 331)

Dans l’antiquité, la ‘capitale’ des vellaves portait le nom de Vellavum, Vellavos, Vellaus. Cette ville fut longtemps identifiée avec Saint Paulien, qui était effectivement la ‘capitale’ du Velay au IIe siècle. Pourtant Saint Paulien avait déjà un nom latin : Revessio, comme Anis s’appelait Anicium et Le Puy Podium. Vellavum fut distingué de Saint Paulien par le travail du docteur Olivier sur les monnaies mérovingiennes du Velay.

Outre l’étude du docteur Olivier, Albert Boudon-Lashermes cite la liste des indices permettant d’identifier Vellavum avec Chapteuil, mais il faut préciser en préambule que du peuple ligure nous viendrait le mot ‘capitole’, désignant le siège du gouvernement d’un peuple, nom que nous retrouvons dans chaque groupe ligure (le capitole de Rome, ceux de Narbonne, Carcassonne, Nîmes, Toulouse dans le royaume des élésyques, celui de Vellavum en Velay) :

1- le nom Chapteuil dérive du latin ‘capitolium’. L’atteste bon nombre d’exemples cités avec leurs références à Narbonne (Capitolium en 1066, Capduel 1344, Capdeulh 1444, Capdeuil 1576), le Chapteuil de Montagrier (Capdolium en 1143, Capdolhium 1364, Chapdoill 1206, Chapdelh), Capdueil à Nîmes (Capitolio en 1007, Capitolium 1149, Capdueil 1560), Capdeuil à Berre en Provence. « Le mot latin capitolium donna en roman provençal captolium, que nos textes vellaves écrivent Captholium ou Captolhium (parchemin du 17 septembre 1398 servant de couverture au terrier d’Amavis, archives d’Yssingeaux), en français il donna capitale ».

2- De tous ces documents, il ressort que chaque peuple ligure semble avoir eu son capitole, et qu’il y eut une tour antique, à côté de lui lorsqu’il était sur un point élevé ou en quelque éminence voisine sinon. L’enceinte de la cité s’étendait alors jusqu’à cette tour, qu’elle englobait dans ses remparts. À Chapteuil, le texte du répertoire des hommages dit justement : « la Comté de Velay, tour ruinée, paroisse de Saint Jullien Chapteuil ».

3- Les ateliers monétaires sont situés à proximité des Capitoles, « or nous savons qu’en Velay les premiers ateliers monétaires ont été établis à Monedeyres, dans la paroisse et mandement de Chapteuil, en ce carrefour de Raffy, ou venant se croiser, devant la Fontaine Parlante, toutes les vieilles routes faisant communiquer l’ancien Velay avec le Forez, le Lyonnais, le Viennois, le Valentinois et le Vivarais. De même en Gévaudan, ces ateliers existèrent à Bannassac, au pied même de Montferrand, capitale des comptours gabales».

4- Le titre de comptour du Velay n’était porté que par la famille de Capdeuil ou Chapteuil. Les évêques du Puy ne le reprirent qu’à leur extinction.

5- Chapteuil est attesté comme chef-lieu de la Comté de Velay :

  • ‘la compté de Velay, paroisse de Saint Jullien Chapteuil’ (Fiefs mouvants de l’évéché du Puy, père Cazalède)
  • ‘la comté de Chapteuil’ (acte de ventilation du fief de Mazengon, AD, et autres références dans les AD, série B)
  • ‘l’évêque, comte de Chapteuil et de Velay’ (id, VII, 168)
  • « Odo de Gissey dira également (p521) ‘Episcopus Aniciensis, Comes Vellavia, Comptor de Capdolio’ »
  • « Jusqu’au XVIIIe siècle, le premier magistrat consulaire de Chapteuil s’intitulait encore ‘maire de la Comté de Chapteuilh’ (AD, 20.05.1702).


Chapteuil, capitale antique du Velay, plus tard siège de son Comté et résidence de ses comptours, dut successivement céder le pas à Anis (Ier siècle) et Revessio (IIe siècle). Il resta cependant, semble-t-il, le chef-lieu militaire du pays car, au VIe siècle, ce fut de Vellavum qu’Ilpize (Illidium) partit avec son armée pour secourir Brioude, attaquée par les burgondes (Grégoire de Tours).

Le Puy Sainte Marie, rebaptisé Le Puy en Velay deviendra ensuite et restera la cité des vellaves, siège des évêques comte du Velay.

Source : wikipédia