Le terme vernaculaire authentique, employé par les vignerons constructeurs et utilisateurs de ces édifices, était tsabana, en français local tsabone, c'est-à-dire cabane. Cette substitution, il faut le préciser, était le corollaire d'une mythification des cabanes, promues au rang de « ligures » par ce savant.

Les chibottes ou tsabones étaient, au XIXe siècle, des habitations temporaires ou saisonnières dans les champs et les vignes. Ainsi des habitants du Puy-en-Velay qui possédaient une vigne à Vals-près-le-Puy, y avaient généralement une chibotte qu'ils occupaient le dimanche et pendant l'été, selon un schéma rencontré dans de nombreuses régions du Midi.

Dans les années 1920-1930, ces cabanes, d'un emploi malcommode, commencèrent à être abandonnées pour de petites pavillons carrés, maçonnés et à toit de tuile plate, plus confortables.

Étant donné la nature géologique des plateaux volcaniques du Velay, les matériaux employés à la construction des chibottes sont évidemment des matériaux d'origine volcanique.

A Vals-près-le-Puy, il s'agit de dalles et de blocs de basalte, extraits sur place lors du dérochement nécessaire à l'établissement des parcelles de vigne. On peut penser que, comme ce fut le cas dans d'autres régions, la poudre et des outils en acier furent employés pour mener à bien ce travail, produisant d'énormes quantités de matériaux lithiques3 .

On distingue deux morphologies de matériau, à la place et à la fonction bien distinctes dans un même édifice :

- d'une part un parement intérieur et une voûte encorbellée réalisés en dalles ou en lauses assez larges, peu épaisses; - d'autre part un parement extérieur et une couverture en blocs et moellons.

Si les lauses de la « peau » intérieure ne sont jamais taillées, par contre elles sont souvent fracturées, sans doute pour en réduire les dimensions et obtenir un meilleur jointoyage. Les pierres du parement extérieur sont, quant à elles, quelconques. On note l'emploi de très gros blocs à la base, puis de pierres de moins en moins grosses à mesure que l'on se rapproche du sommet.

Quant à l'encadrement de l'entrée, il est souvent en blocs de brèche basaltique, plus rarement en blocs de ponce volcanique. Deux faces sont alors taillées : celle en façade et celle de l'embrasure.

L'originalité architecturale des chibottes vient de l'emploi de la technique dite « des deux peaux ». Prenons une construction circulaire.

Intérieurement, on a une voûte de plaquettes encorbelées et inclinées, c'est-à-dire une succession verticale d'anneaux, à diamètre dégressif, dont les éléments sont inclinés vers l'extérieur (selon un angle de l'ordre de 15°). Du fait de cette inclinaison, chaque assise est témoin d'un phénomène de contrebutement entre ses éléments, ces derniers agissant comme autant de claveaux. Ce phénomène entraîne la fermeture d'un polygone des forces : chaque assise est alors clavée horizontalement.

Extérieurement, on a, épousant la forme de la voûte, un parement de moellons disposés avec une inclinaison vers l'intérieur, le rôle de ces moellons étant de caler les lauses en les empêchant de glisser et de se disjoindre.

La construction de ce type de voûtement qui associe de façon complémentaire voûte intérieure et revêtement extérieur, se fait assise par assise, et non point en érigeant d'abord la voûte et ensuite le revêtement extérieur.

Si l'on fait abstraction des guérites, les cabanes visibles actuellement relèvent d'un type morphologique et constructif bien caractéristique, dont les grands traits peuvent se définir comme suit :

- engagement partiel de la partie arrière de la base dans un versant, ou dans un talus séparant deux parcelles étagées ;

- façade rectiligne, plane, pas plus haute que l'entrée, aux angles en forme d'éperon ;

- couvrement en ogive ou en cône au sommet arrondi, dépassant seul du versant ou du talus ;

- entrée à l'élévation rectangulaire, aux piédroits en blocs de brèche basaltique taillés et appareillés, destinée à recevoir une porte en bois.

La comparaison des cadastres du lieudit Crousas à Vals semble indiquer que les cabanes qui s'y trouvent sont liées à l'établissement de parcelles viticoles en ces lieux entre le milieu du XVIIIe siècle et le début du XIXe.

Quelques rares millésimes ont été observés sur le linteau en brèche basaltique de quelques cabanes de Vals-près-le-Puy : 1786, 1761 et 1808. Cette rareté est sans doute imputable à la dureté des dalles de basalte employées comme linteau dans les autres cas. La fourchette chronologique concernée permet de cerner à quelle période se situe le mouvement de construction des cabanes.

Une cabane située au Bois de Lirate et propriété de la commune a été inscrite à l'Inventaire supplémentaire des monuments historiques le 28 mars 1986.

Source : wikipédia

Autres ressources :

Très belle vidéo de restauration : ICI

Les cabanes en pierres sèche du vignoble du Puy-en-Velay : ICI